Tous ceux qui ont regardé Inglourious Basterds (2009) de Quentin Tarantino se souviennent de la scène d’ouverture : Christoph Waltz dans le rôle du colonel nazi glacé Hans Landa interrogeant un producteur laitier français soupçonné de cacher des Juifs. Le charme sinistre de la valse est plus qu’égalé par l’acteur français Denis Ménochet dans le rôle du fermier, une performance retenue où les silences hantés en disent plus que n’importe quelle ligne de dialogue.

Retenu n’est pas le mot pour le dernier personnage de Ménochet, le titulaire Peter von Kan t dans le nouveau film de François Ozon , une libre adaptation du mélodrame Petra von Kant de 1972 de Rainer Werner Fassbinder . Ménochet canalise Fassbinder lui-même, incarnant un réalisateur à succès qui tombe amoureux d’un jeune acteur (le nouveau venu Khalil Ben Gharbia) et le séduit avec des promesses de gloire et de fortune. Performance démesurée dans tous les sens, Ménochet est intrépide dans sa représentation des extrêmes de l’agonie, de l’extase, de l’apitoiement sur soi et du pathétique.

La star française de 45 ans a rencontré Scott Roxborough de THR à Berlin , où Peter von Kant a fait la première du film d’ouverture de la 72e Berlinale.

Êtes-vous heureux d’être de retour à Berlin et de participer à nouveau à un festival de cinéma en personne ?

C’est différent, bien sûr, parce que vous avez les protocoles COVID, mais au moins ça se passe. Ce n’est pas un festival en ligne, ce qui ne sert à rien, à mon avis. Je suis content d’être de retour. J’ai fait Inglourious Basterds ici il y a 14 ans. Nous étions ici avec By the Grace of God il y a trois ans. C’est super d’être de retour. J’aime cette ville.

Vous canalisez évidemment Fassbinder dans votre interprétation de Peter von Kant . Comment avez-vous recherché le rôle ?

J’ai regardé les films, les interviews avec lui. Il y a un petit documentaire où il a demandé à quelqu’un de le filmer avec son petit ami dans leur appartement, où il commande de la cocaïne, se fait naufrage, des trucs super sinistres… Le truc, c’est que Fassbinder était une personne très solitaire, un enfant très solitaire, il avait le cœur brisé très jeune. C’était donc intéressant à explorer et à voir comment il essaierait de posséder d’autres personnes, essaierait de créer une nouvelle famille autour de lui, pour la briser à nouveau. Parfois, je le vois presque comme un ogre essayant de manger ses enfants. Mais le rôle est plus dans le texte, où vous avez l’univers Ozon et l’univers Fassbinder, et ils se rencontrent en quelque sorte à mi-chemin. François ajoute différentes textures au texte, un peu d’humour et de légèreté. Sinon, ce serait trop sombre ou trop effrayant.

 

 

Vos performances dans des films comme In the House ou Inglourious Basterds sont très sobres. Ici, vous y allez vraiment. Quelles ont été les scènes du film les plus difficiles à tourner ?

Personnellement, c’était se mettre à nu. Je pense que mes fesses ne me parleront plus. Je suis un grand gars. Et donc je ne me mets pas souvent nu devant l’équipe. Donc, c’était difficile pour moi, personnellement, mais je n’ai pas tout donné dans la performance. Parfois, c’est bien de fermer son esprit et de crier. Ça fait du bien. Une sorte de thérapeutique.

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